Sauts d’arrêts


L'année dernière, nous avons reçu plusieurs plaintes de voyageurs qui nous ont signalé que leur arrêt avait été supprimé à la dernière minute. Nous avons donc abordé cette problématique dans notre rapport annuel 2025.

Il ne s’agissait toutefois pas uniquement de petites gares, mais aussi de nœuds régionaux tels que Louvain, Landen, Alost et Louvain-la-Neuve, essentiels pour les correspondances avec d’autres trains et les transports publics régionaux.

Selon la SNCB, les voyageurs sont informés via les canaux de communication disponibles et des solutions alternatives sont prévues. En pratique, les voyageurs doivent toutefois souvent attendre le train suivant ou poursuivre leur trajet plus loin pour revenir ensuite, ce qui entraîne des retards supplémentaires.

La décision de ne pas desservir certaines gares est prise en temps réel par les services opérationnels, qui évaluent l’impact sur le terrain et sur la ponctualité. Cette mesure, utilisée de plus en plus fréquemment par la SNCB, s’inscrit dans une stratégie plus large visant à garantir la continuité du trafic ferroviaire et à servir l’intérêt général des voyageurs.

Données disponibles et critères

Les voyageurs signalent en outre que certains arrêts - comme Lede - sont régulièrement sautés alors que le train poursuit pourtant l’intégralité de son trajet. Infrabel a confirmé que ces trains sont enregistrés comme « partiellement supprimés », mais qu’aucune statistique distincte n’est tenue pour les sauts de gares lorsque le train n’est pas totalement supprimé. Ombudsrail a donc recommandé de collecter ces données de manière systématique afin de mieux suivre l’ampleur du phénomène. Infrabel s’est montré favorable à cette proposition.

Lors de la Commission Mobilité de la Chambre du 16 septembre 2025, le ministre a indiqué que le saut d’arrêts est parfois nécessaire pour éviter des perturbations plus importantes ou des risques de sécurité. Selon lui, cela se produirait en moyenne trois fois par jour, même si la base de ce chiffre n’a pas été précisée. Des critères sont désormais d’application : la mesure doit permettre de limiter les retards, être annoncée au moins dix minutes avant la dernière gare desservie, la gare sautée doit disposer d’infrastructures d’attente raisonnables, le nombre de gares impactées doit rester limité, les grandes gares de correspondance ne peuvent pas être concernées et la mesure peut également être appliquée en cas de surcharge supérieure à 120 %.

Impact sur les voyageurs

Ombudsrail reste préoccupé par l’impact de cette pratique. Le recours plus fréquent au saut d’arrêts touche les voyageurs de manière disproportionnée et mine la confiance dans la fiabilité du rail.

Nous continuerons donc à suivre et à examiner l'application de cette mesure dans le cadre des dossiers que nous traitons. 

La SNCB a-t-elle supprimé votre arrêt à la dernière minute, ce qui vous a causé des désagréments ?


Photo: © SNCB

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